[Interview] Dimitri Peyrard

Nous avons rencontré le figuriniste Lyonnais Dimitri « Dim 69 » Peyrard. Connu pour son perfectionnisme technique et son style à part, le peintre spécialisé dans le Fantastique nous a accueilli chez lui les bras ouverts. Il est l’auteur du blog et de la gamme Minisocles

De quelle façon es tu rentré dans le monde de la figurine ?

Dimitri – Ca remonte à loin. Je suis rentré dans le Games Workshop de Lyon quand j’étais gamin,  je voulais me procurer la boîte de base de Warhammer 40000, mais c’était cher et mes parents n’ont pas voulu l’acheter. Par contre, mon voisin l’avait et on a commencé à peindre ensemble des Blood Angels, mais le résultat était tellement décevant par rapport à ce qui était présenté sur la boîte et dans les White Dwarf de l’époque que c’est vite tombé aux oubliettes. En 2004, je suis re-rentré dans la boutique de Lyon et je suis devenu accroc aux Space Marines. Je n’ai jamais joué, ce qui était pourtant le but à la base. J’ai mis 20h pour peindre mon premier SM, et je ne te parle pas du résultat !

Comment es tu arrivé à ton niveau, par persévérance, à l’aide de Tutoriels, d’amis, ou peut-être grâce à un passé artistique ?

Dimitri – Avec un peu tous les critères que tu cites ! Je ne pratiquais pas d’activité artistique mais j’ai beaucoup insisté sur mes figurines, et j’ai été patient. On peut dire que la patience est ce qui m’a amené à faire des progrès. La période où j’étais à la Team Toulouse m’a également beaucoup apporté, surtout sur le plan humain, je me souviens de ces soirées peinture où on peignait 10 minutes et où on se marrait 3 heures, j’en garde que de bons souvenirs. La Team Toulouse m’a également montré qu’il existait des figurines magnifiques en dehors de Games, notamment les figurines Rackham.

J’ai également vécu à Berlin pendant 3 mois où j’ai rencontré Ben Komets et Matt Cexwish., c’était terrible, j’en ai pris plein les yeux et je suis revenu plus motivé que jamais. J’y étais pour les études (doctorat écologie des milieux aquatiques).

Quel est le moment qui te procure le plus de plaisir quand tu réalises une figurine ?

Dimitri – La photo ! (rires) Quel bonheur quand la figurine est enfin finie après des heures de galère ! J’adore aussi confectionner les socles.

Et donc celui que tu trouves le plus difficile ?

 Dimitri – La préparation est pour moi le plus ennuyant et le moins intéressant.

 Dans quelles conditions est ce que tu travailles ? Par de longues ou de courtes sessions de peinture ?

Dimitri – Avec mes horaires de travail très contraignants, je suis obligé de faire de petites sessions surtout le soir. Puis j’ai du mal à rester plus d’une heure devant la figurine, je me lasse assez vite. Du coup pour avancer j’ai l’habitude d’alterner la peinture fastidieuse de la figurine et le tartinage plus bourrin / détente du socle. 

Quelle est ta peinture favorite, le pot que tu affectionnes le plus ?

Dimitri – Le Hawk turquoise, j’en mets partout ! Il y aussi le Bleached Bone. Ce sont les 2 couleurs qui se retrouvent sur la plupart de mes figurines.

De toute ta collection, quelle est la pièce que tu préfères ?

Dimitri – Le mutant sculpté par Allan Carrasco, il m’avait offert un tirage de cette figurine pour mon anniversaire et c’est aujourd’hui ma pièce la plus aboutie techniquement je trouve.
Il y aussi le Guerrier Ströhm Gobelin Rachkam, celui avec le sanglier sur la tête.

Et pourquoi  celui là ?

Dimitri – Car c’est celui qui marque un vrai virage dans ma façon de peindre : plus de contrastes, plus de couleurs saturées

Quels sont les figurinistes qui t’impressionnent aujourd’hui ?

Dimitri – Il y en a une tartine ! Je dois avoir 40 liens de sites persos ou de galeries dans mes marques pages. Pour en citer quelques uns je dirai Sebastien Archer, chacune de ses pièces est une claque. Il y a aussi Roman et Raffa, Allan, Jeremie, Rémy…. Il y en a tellement !
Sur le Warfo (Warhammer Forum) on trouve aussi de très bons peintres « moins connus » qui ont de supers idées. Je surfe pas mal sur Internet la nuit et c’est là que je les découvre. J’aime le style très contrasté de Sebastien, les Space Marines évidemment, notamment ceux de la grande époque de Cyril Abati, et même si les styles changent il y a toujours des choses qui m’impressionnent.

Quel est le prochain salon auquel tu comptes te rendre ?

Dimitri – Le Lugdunum Show en Février. J’ai demandé d’être de repos ce week-end mais j’attends encore la réponse. J’aimerais beaucoup m’y rendre mais ca ne dépendra pas de moi.

Si tu avais à juger un concours, sur quoi porterais tu ton attention ?

Dimitri – Je n’ai pas encore jugé de concours mais je pense que ce qui définit un coup de coeur c’est quand on découvre la figurine et qu’on se demande alors : «Mais  comment il a fait ça?!».

Rêves tu de peindre ou de sculpter un jour une figurine particulière ?

Dimitri – J’aimerais bien peindre les nouveaux Dreadnought Contemptor de chez Forge World,  le Rhinotaure, ainsi que quelques pièces Rachkam. Dedans il y a un genre de Big Boss Orque, Grakkha, encore plus gros que le Montagnard du Behemot, mais celui là il est lourd et il me fait flipper (rires).

As tu une autre passion à côté ?

Dimitri – J’élève des Fourmis depuis 2004, et quand je suis allé à Berlin, j’ai découvert un magasin qui leur était dédié. Ce fut révélateur et j’ai créé Fourmilyon il y a deux ans.  J’ai par ailleurs eu beaucoup d’aquariums et divers animaux.

Et la célèbre trilogie de Bernard Werber sur cette espèce, tu en penses quoi ?

Dimitri – Je l’ai lu et elle m’a beaucoup plu. Pour l’anecdote je les avais découverts par hasard dans une librairie d’aéroport.

Quelles sont les dernières œuvres qui t’ont marqué, quelles soient extra-figurines ou propres à la miniature ?

Dimitri – J’ai récemment découvert les figurines Color Warz qui m’ont beaucoup plu. Je suis fan de WakFu, un manga qui passe à la TV. C’est l’univers coloré qui me plaît vachement.
Avec Minisocles, j’ai aussi découvert l’aspect sculpture du hobby, j’ai notamment rencontré Damien Hazard. J’ai vraiment apprécié ses dernières sculptures et son état d’esprit, il progresse très vite, c’est d’ailleurs lui qui a sculpté les petits lapins pour ma gamme.

Comment se déroule l’expérience Minisocles ? Pourquoi avoir lancé ta propre gamme ?

Dimitri – Quand j’ai créé le blog, à la base il s’appelait DiMinis, c’était une simple galerie de mes figurines en cours ou finies et un recueil des tutos que j’avais écrits. On me demandait souvent quels matériaux j’utilisais pour ces tutos et où se les procurer. De fil en aiguille, une section vente est donc apparue. Au final, ce n’est ni un Blog, ni une Boutique, j’appelle ça une Bloutique (rires).

Pourquoi accordes-tu de l’importance aux socles ?

Dimitri – C’est rigolo les socles. Quand j’ai commencé à peindre, je ne faisais que ça, ça m’amusait plus que les figurines. Quand t’as pas envie de peindre, tu passes au socle, tu peins alors comme tu veux, tu peux cochonner partout. Ca fait du bien quand on sait qu’il faut d’habitude rester propre et sérieux sur toute la figurine.

Quel conseil donnerais tu à un figuriniste en panne de motivation ?

Dimitri – D’aller voir un concours ou une exposition, et après tu repars à bloc. Présenter ses travaux sur Internet est un bon moyen aussi pour avoir des avis, des conseils, des critiques. Et il faut tout simplement pratiquer.

Merci d’avoir répondu à nos questions !

Compléments  :

Dimitri Peyrard s’est aménagé deux plans de travail, un pour les figurines, l’autre pour l’élevage des fourmis et la confection des socles.

Style de peinture : 

Les pièces de Dimitri sont des figurines fantastiques appartenant aux univers futuristes ou médiévaux. Leur peinture se distingue par un soin apporté sur l’ensemble de la pièce, de la plus grande surface au plus petit détail. Il utilise notamment des teintes « Bleu-Vert » qui se marient efficacement avec le turquoise. On apprécie le travail très fourni sur les zones métalliques et l’univers profondément coloré et intriguant qui se dégage des petits bonshommes.

About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.