« Mes Figurines préférées » n° 01 | Julien Casses

Inspirés par l’émission Ma scène préférée du site Allo Ciné, nous vous proposons désormais une nouvelle catégorie d’articles. En invitant des figurinistes, peintres, sculpteurs et blogueurs, nous vous faisons découvrir les figurines qui les ont profondément marqués. Ils se chargeront de présenter les chocs esthétiques à l’origine de leur passion.

 → Carnifex,  création de l’invité.

L’invité d’aujourd’hui est Julien Casses, peintre français connu pour son travail sur les figurines de la marque Games Wokshop. Il a réalisé de nombreuses peintures tirées de l’univers du Seigneur des Anneaux, a mis en scène un grand nombre de monstres et de dioramas. Son style de peinture se distingue par une attention particulière sur les contrastes et les fondus. Il est l’auteur d’un site Web personnel, hébergeant notamment des articles et des Tutoriels.

Julien Casses : « Il y a quelques semaines, Cyril est venu me parler d’un petit projet. Il souhaitait en effet contacter plusieurs peintres, afin que ceux-ci évoquent LA, ou les figurines qui les ont marqué. À vrai dire, bon nombre de pièces me décollent les rétines. La réduction n’est pas évidente. Si je cherchais à me poser la question, sous l’angle des figurines les plus belles que j’ai pu voir, alors la liste serait bien trop longue. J’ai donc plutôt décidé de parler des pièces qui ont influencé directement ma manière de peindre, ou de concevoir la peinture.

2000 – Seigneur de Nurgle, par Thomas David

Nous sommes en l’an 2000, j’ai 14 ans. Le simple fait de l’écrire me parait fou. Et pourtant, cela fait presque 13 ans que j’ai vu cette figurine pour la première fois, dans les pages de White Dwarf. C’est en feuilletant le palmarès du Golden Demon français, et en tombant sur la Slayer Sword glané par Thomas David, que je commence à saisir le niveau hallucinant acquis par certains.


La peinture, et surtout la sculpture quasi intégrale, sur une base de Karn le félon restent encore aujourd’hui, un tour de force. Cette figurine m’a fait rêver, tout en me conduisant peu à peu vers la route du concours du Golden Demon. Quelques années plus tard, j’eu le bonheur de la voir de mes propres yeux sur les tables de Lugdunum. Un bonheur me permettant aussi de voir que jamais les photos ne pourront lui rendre justice. Car si les années passent, certaines pièces restent à jamais source d’inspiration.

2005 – Patriarche Genestealer, par Allan Carrasco

Je pourrais citer pas mal de pièces d’Allan qui m’ont inspiré, mais aussi conduit vers une certaine perception de la peinture. Que ce soit ses orks, ses trolls, son seigneur Homme-Bête ou ce patriarche, c’est la méthodologie et le style d’Allan qui me firent réfléchir. Allan possède une propreté et une finition que peu peuvent se targuer d’obtenir. À cette époque, j’orientais mes heures de peinture vers l’apprentissage du « fondu parfait ». Et les œuvres d’Allan furent une grande source d’inspiration et d’études.

C’est en parlant de la peinture de cette pièce avec Allan, que pas mal de choses se bousculèrent dans ma tête. Il avait en effet usé d’encre de Chine pour parfaire certains effets. Or, jamais je n’aurai imaginé user de ce médium sur une figurine. Je compris que les encres pouvaient se voir sous un autre angle, que celui de simples lavis. Quelques années plus tard, l’encre de Chine me fut d’une aide précieuse dans la réalisation de la chitine du Carnifex, issu de mon duel « War for Maccrage » (2009). Pièce qui reste un palier dans ma progression personnelle. Tout ça parce qu’Allan avait fait cette figurine… des années plus tôt !

2008 – Géant des forêts, par Mathieu Lalain

J’ai réalisé deux géants. L’un en 2008, l’autre en 2009. Mais je n’aurai jamais pu les peindre sans la version de Mathieu. Il faut dire que c’est grâce à sa peinture que j’ai osé peu à peu forcer sur les contrastes. C’est aussi grâce à sa version que j’ai commencé à assimiler que l’on pouvait, dans une certaine mesure, tricher sur les lumières. Cela généralement, pour obtenir une mise en valeur de zones bien précises. Et, a fortiori, si j’ai compris le besoin de tricher, son géant fut aussi crucial pour éviter de faire des erreurs. Toujours en terme de placement des lumières. Sans sa version jamais je n’aurai réalisé les miennes.

2010 – Seigneur Mazdamundi, par Ben Komets

J’admire le travail de Ben Komets. J’admire la manière qu’il a de mettre en scène ses figurines. Ses pièces sont toujours bourrées de détails qui apportent de la vie et de la crédibilité. J’aime aussi la façon qu’il a de gérer des petits effets aériens, tantôt avec des herbes, des plantes, des parchemins ou pleins d’autres choses. C’est vraiment typiquement le genre de rendu que je rêve d’obtenir. Et c’est clairement un des aspects que je vais travailler dans un prochain diorama ou dans de futurs projets. Ses figurines, et notamment son Seigneur Mazdamundi, restent une excellente source de motivation, et d’inspiration. S’y ajoute ici un beau jeu de couleurs, une belle ambiance, un mouvement… bref tout ce qu’il faut savoir faire !

2010 et 2012 – Karandras et Seigneur de l’Empire, par Stefan Kochowski

Au bout d’un moment, en peinture pure, on finit par atteindre une certaine stagnation. La technique pure n’évolue plus, un fondu reste un fondu. Poser une lumière ne varie que selon la direction ou l’ambiance que l’on veut donner, mais quand on gère ses contrastes cela n’est plus si difficile. Etc.  Il faut donc se trouver de nouveaux paliers à franchir. J’aimerai commencer à jouer sur les effets de textures sur mes figurines, que ce soit avec de la matière ou par effet de trompe l’oeil. Mais avant cela, et suite à de nombreuses discussions avec Rémy Tremblay, Christophe Bauer, et Stefan Kochowski, on m’a orienté vers le fait d’étudier un peu plus les couleurs et les valeurs en elles-mêmes.

En effet, peindre avec des gammes toutes prêtes est aisé. Mais finalement, bien que les résultats restent jolis, dès lors que l’on s’intéresse à la pureté des couleurs, que ce soit concernant les teintes et leur fraicheur, leur saturation ou la qualité des pigments, on peut obtenir des figurines bien plus vives et harmonieuses. Et mine de rien, la différence finale en terme de rendu est assez conséquente.

 

C’est donc en observant les pièces de ces trois compères, et notamment en ayant eu en main le Karandras de Stefan, puis son Seigneur de l’Empire, que je me suis dis : « Et si je commençais à me pencher un peu plus sur la qualité de mes couleurs et leurs associations ? ». Depuis, j’ai lu quelques ouvrages, et surtout effectué pas mal de changements dans les teintes et gammes que j’utilise. Et, clairement sans ces pièces, je ne me serai sans doute jamais vraiment remis en question sur ce point précis. Il faut donc rendre à César, ce qui est à César !

Le mot de la fin :

Eh voilà ! Dur de se limiter à cinq figurines. C’est pour cela qu’il y en a six :D ! Néanmoins j’espère que ces quelques lignes conviendront autant à l’auteur de ce blog, qu’à ceux ayant pris la peine de me lire. Je vous remercie d’ailleurs pour la peine. Et qui sait… on se refait ça d’ici quelques années histoire de se faire une nouvelle liste ? :D »

Historique des Invités :

Tags:

About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.