Mes Figurines Préférées n° 09 | Antonin Delanoë

Dans une démarche inspirée par l’émission Ma scène préférée, nous invitons des peintres, sculpteurs et blogueurs venus nous parler des pièces à l’origine de leurs passions. Des chocs esthétiques qui les ont influencé aux coups de coeur les plus personnels, nous découvrons ensemble ces trésors de la figurine.

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→ Créations de l’invité

Jeune peintre suisse de talent, Antonin Delanoë s’exprime sur des pièces fantastiques toujours différentes. Auteur de très beaux Displays composés de bustes, grandes et petites figurines, il offre des mises en scène détaillées à ses personnages. Aujourd’hui, il nous présente ses oeuvres préférées.

Intro :

« Quand on ma proposé d’écrire, j’ai été très flatté, je ne suis pas un peintre connu et je ne savais pas si j’arriverais à pondre quelque chose de correct. Écrie je n’aime pas trop ça. Je me dis souvent qu’on me donne beaucoup que ce soit sur des sites comme celui de Cyril avec ses articles toujours plaisants ou avec des critiques qui m’ont vraiment été utile pour progresser sur des forums (en l’occurrence minicréateurs) et moi je poste rarement. Je trouve difficile de trouver les mots justes pour retranscrire ce que l’on veut dire sans ambiguïté. Là c’est l’occasion pour moi de contribuer un peu à ce partage.
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J’ai décidé de traiter le sujet en deux parties. Les trois premières pièces évoqueront ce qui a marqué mon parcours dans ce milieu, et les trois dernières celles que j’apprécie avec le regard que j’ai actuellement. Une petite précision : pour moi une pièce finie est toujours un travail au minimum à deux, il y a derrière chaque pièces un sculpteur et un peintre (seule exception les peintres sculpteurs). Ceci dit commençons.

«Les réprouvés d’Octavius», de David de Abreu (2004) [Galerie]

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2004. Voilà un peu plus d’un an que j’ai eu mon premier contact avec le monde de la figurine et comme beaucoup ce fut Games Workshop qui m’amena à celui-ci. D’abord Avec Le Seigneur des Anneaux puis les autre univers découverts dans le Wihte Dwarf. C’est dans le n°128 que j’ai vu l’armée d’Empero’s Children de David. Ce qui m’a le plus marqué c’est le fait qu’il s’est approprié le concept de base et les figurines de GW pour en faire une armé unique où il a mis quelque chose de personnel. Que se soit par la peinture (couleurs et dessins à main levée), mais surtout les conversions et le choix habile des pièces qui ne sont pas issus uniquement des Marine du Chaos mais de toutes armées, Battle compris

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J’aurais pu citer d’autre armées comme celles de Nick Cristofoli (un host de Papi Nurgle issu du même White Dwarf) ou la légion de Morts Vivants Hauts Elfes de Jesper Hausen (WD N°116). C’est là que j’ai compris que tout le matériel fournis par GW était comme des briques de Lego. On pouvait suivre le mode d’emploi fournis avec la boîte ou en faire tout autre chose, dès lors il n’y avait plus de limite à la créativité ! Par la suite je me suis efforcé à faire de même avec mes armées.

Hell Dorado. Thomas David, Jaques-Alexandre Gillois et Bertrand Benoit. (2007)

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C’est en entrant dans un magasin de par chez moi que j’ai découvert Helldorado et son univers. En Suisse il n’y avait pratiquement que du GW. La chance d’Helldorado était qu’il était distribué par Asmodée, et comme le magasin avait des jeux de société de cet éditeur, il m’était donc accessible facilement. Ce jeu m’ouvrit à une autre approche de la figurine.

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Une sculpture avec des proportions un peu plus justes, des volumes moins carrés et plus subtils. La peinture est aussi toute différente de ce que je connais, les transitions des dégradés sont plus douces et il y a la façon don la lumière est posée. Peu de temps après je me suis retrouvé avec le livre des règle et la boîte de faction des Égarés. C’est depuis là que j’ai gentiment prêté plus attention à la peinture.

Rois des Morts, Matthieu Rouèche (2012)

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Le Roi des Morts n’était pas la première figurine de Matthieu sur laquelle j’ai posé mes yeux. En effet j’avais pu découvrir ses oeuvres dès mes débuts, dans les vitrines du magasin où j’avais mes habitudes. Ce n’était pas la peinture qu’on lui connait aujourd’hui, il n’y avait pas du tout de notion de lumière par exemple, mais je crois que ce sont celles qui m’ont donné envie de progresser et un jour, à mon tour de faire de si belles pièces. J’avais souvent entendu parler de cet énigmatique Matthieu dans les magasins mais je ne l’avais jamais rencontré. C’est par hasard lors d’un figostage avec Mohand que je fis finalement sa connaissance, celle de son Roi des Morts ainsi que du club dans lequel je partage ma passion avec des gens supers. Bon, on va quand même parler de la figurine.

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On est tout de suite plongé dans l’ambiance par sa couleur d’un vers spectral, comme éclairée par la lueur pâle d’une lune blafarde. Le socle aérien accompagne la marche résolu et le petit déhancher « sexy » de la sculpture toute en légèreté. On peut voir qu’une belle peinture sans artifices et poudre aux yeux, simplement bien sentie, est terriblement efficace et vectrice d’une réel ambiance qui touche à l’émotionnel comme l’Art. C’est à ça que j’aspire.
C’est à partir de ce moment que j’ai pu pleinement partager ma passion avec d’autre gens et progresser. C’est tellement plus facile quand quelqu’un nous ouvre la voie, apporte son expérience et un regard autre que le sien sur son travail.

Jareck, Martin Goumaz (2012)

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Cette pièce me rappelle la fantaisie de mon enfance. Gros barbares sanglés de toutes parts, pas des plus fins, arborant des coupes hirsutes très colorées et évoluant dans des mondes anarchiques peuplés de dangers (dont des sauriens géants).
La sculpture de Latorre bien que peu dynamique est pleine de caractère et dégage une grande force. Martin a su mette en valeur chaque modelé et détail de la pièce, notamment les chausses et lanières. Il nous démontre qu’un lining exécuté avec finesse et maîtrise apporte la lisibilité qui est indispensable à la réussite d’une pièce.

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La palette est composée de plus de mes couleurs favorites : le violet, le kaki, des teintes orangées et le turquoise. Cette dernière se retrouvant dans les nuances de la peau chaude et la branche au dessus de la tête de Jareck (renfonçant l’assise de la pièce et sa verticalité). Le socle très travaillé nous entraîne tout de suite dans le biotope hostile de ce barbare qui doit lutter incessamment contre des bêtes féroces comme le laisse présager le crâne de dinosaure.

Executioner, Dimitri Peyrard (2013)

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Commençons par la sculpture. Elle est de Allan et possède à l’instar du Jareck de Latorre les même caractéristiques que j’ai aimé chez lui, le léger déhancher en plus, comme sur le Roi des Morts. Une pièce plutôt épurée et sobre, de quoi bien se concentrer sur la mise en couleur. La peinture de Dim donne beaucoup de réalisme à ce Prédator, grâce à un TMP exécuté de main de maître, de petites éclaboussures subtiles et de fines taches habilement placées.

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J’adore les nuances de la peau, les rougeurs aux genoux et aux coudes mais surtout les pieds qui deviennent plus foncés, ce qui contribue à garder le regard vers le haut du model. Je lui ai piqué l’idée pour mes propre Predators. Bref, c’est ma référence pour peindre ces créatures venues d’ailleurs.

«Quak ! Frog X-ing», Roman Lappat (2014)

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Pour changer des modèles précédents, une sculpture d’un certain Allan Carasco dans une pose des plus dynamiques !

Un joli Thérianthrope aux trais de batraciens. Pour tout dire j’adore toute les créatures zoomorphes d’Allan avec leurs détails et textures bien sentis qui apportent la juste touche de réalisme pour les rendre vivants et surtouts crédibles. J’imagine que mon attrait pour ce genre de sujets doit me venir de la trilogie Nikopol d’Enki Bilal que j’ai découvert très jeune (avant mes dix ans). Pour la peinture on va quitter l’hexagone pour le pays Teuton avec Roman Lappat.

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De nouveau des teintes que j’aime avec en plus la sobriété du noir anthracite et le gris space wolf (gris clair tirant sur le bleu). Ce dernier utilisé pour mètre en valeur le bidou charnu du crapaud. Les yeux violets sont comme pailletés, on voit qu’il s’est documenté car chez bon nombres de grenouilles et crapauds ce phénomène est visible. La rouille et la végétation sont vraiment bien réalisées et naturelles. Ces attentions au réalisme sont pour moi importantes dans un sujet fantastique. C’est ce qui permet qu’on puisse être happé dans l’univers et que l’espace d’un instant y croire, être transporté ailleurs.

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Roman a su transformer la pièce sans la trahir pour raconter l’histoire qu’il a voulu nous transmettre. Elle est également amenée par le socle qui est très travaillé. Il y a foison de petits détails : la mousse derrière le grand panneau publicitaire, pneus, bouteille, plantes, dessins à main levé qui pour une fois sont bien intégrés et servent l’histoire (pas juste du tape à l’œil) et une myriades de toutes petite grenouilles. Une belle pièce nous expose le point de vue des animaux qui veulent traverser la route, prudence au volant.

Le mot de la fin :

Pas facile de faire un choix et de synthétiser tout ça, mais c’est très instructif d’essayer de comprendre ce qui nous emmène là où en est. J’espère que ça pu être intéressant à lire. Merci à toi Cyril et bonne peindouille à tous.»

Complément :

Pour découvrir les peintures de Antonin, direction la galerie Mincicréateurs :

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Historique des Invités :

 

About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.