Carte postale venue d’ailleurs

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Bonjour à tous !

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle chronique dans ce Monde de p’tits bonshommes.
Cette carte postale venue d’ailleurs, c’est un espace que l’on espère remplir de récits, d’aventures, de sons et d’images. Parce que lorsque la distance nous sépare, il revient à chacun de faire voyager l’autre pour se rapprocher.
C’est ainsi que Cyril, grand chamane du site, m’a proposé de partager ici mon expérience à l’étranger.

Rassurez vous, je ne suis pas bien loin. Juste de l’autre côté des Pyrénées, en plein milieu de l’Espagne, sous les toits de Madrid. Et, n’ayant pas pu emmener mon atelier (une sombre histoires de règles de sécurité dans les avions); je n’ai que des mots, des photos et de la musique à vous montrer. Mais quitte à vivre dans un autre pays, autant partir à sa découverte plutôt que de rester coincé avec les mêmes activités. J’espère en tout cas que cela parviendra à vous transporter, et vous faire oublier pendant quelques instants une dure journée.

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Aujourd’hui, le fait d’aller à l’étranger se résume trop souvent à transposer ses habitudes, sa zone de confort et son mode de vie dans d’autres murs. Où est la surprise ? Où est l’inattendu ?
La peur que chacun projette sur ses semblables entraîne un repli sur soi. Pourtant, le voyage est une chance de se défaire de son quotidien pour partir à la rencontre de nouveaux points de vue, en s’adaptant à chaque situation au lieu de rester crispé sur ce que l’on connaît.

Dans un premier temps on essaie d’aménager un environnement familier. Mais une fois l’installation passée, cette bulle rassurante n’est rien d’autre qu’un abri, dont il faut savoir s’absenter. Pour le grand saut dans l’inconnu, et la découverte du nouveau monde.

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Madrid, c’est la capitale la plus haute d’Europe (à part Andorre), culminant à 670 mètres d’altitude. Loin d’être impressionnant, vous en conviendrez, par contre on peut voir au loin toutes les montagnes qui nous entourent. Et, si j’habite au cœur de la ville, le campus se trouve quant à lui au nord ouest, dans une banlieue qui devient vite campagne. Pendant chaque trajet, j’ai le temps de plonger mon regard dans le ciel et ses nuages magnifiques. En s’éloignant du centre, on passe devant les vertigineux gratte ciels avant de retrouver la nature.

Pour faire connaissance avec ce nouvel endroit, j’ai passé mes premiers jours à marcher dans la rue. Et une fois que l’on a vu les immeubles imposants, datant pour la plupart de la dictature franquiste, on ressent le besoin de s’évader. Dans les quartiers oubliés, à l’ombre des parcs, voire encore plus loin: La position centrale de Madrid permet de s’en aller, en fin de semaine, aux quatre coins du pays. Il suffit pour cela de croiser les rares personnes qui acceptent de vous prendre en stop, ou alors de payer un covoiturage.

La ville n’est pas aussi oppressante que Paris. Et même s’il y a plus de place, et que tout est plus aéré, on finit par se sentir à l’étroit.

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Emporté par l’appel des grands espaces, je me suis rendu au milieu de nulle part; dans la région d’Aragón (à mi chemin entre Madrid et Barcelone). Des plaines arides, du sable et de la roche à perte de vue. Avec quelques châteaux abandonnés. En ces premiers jours d’automne, j’ai planté ma tente au bord d’un lac, qui apparaît comme une oasis en plein désert. L’endroit idéal pour se sentir tout petit, dépassé par l’immensité de la nature, et garder les pieds sur terre.

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Mi novembre, j’ai cette fois choisi d’aller voir la mer et de profiter du climat encore doux pour me baigner une dernière fois avant l’hiver.

Valence est une ville presque aussi grande que Madrid, et les immeubles y sont parfois encore plus démesurés. Mais ce qui se cache derrière les façades est bien plus intéressant. Au fur et à mesure que l’on s’approche du rivage, les bâtiments laissent leur place à des petites maisons de pêcheurs avec les filets séchant aux balcons.

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Et au bout de dix minutes de marche, on aperçoit enfin la plage. En cette période, elle est déserte. Pourtant, l’eau n’est pas si froide et on y entre facilement. Les heures passées à flotter au milieu des vagues calmes nous changent complètement les idées, et se perdre dans l’océan permet de mieux se retrouver. Sentir la présence de la nature tout autour de soi et son silence profond, reposant.

La nuit tombante et l’air frais finissent par me faire quitter les lieux, et dormir sous une tente est moins facile avec le vent polaire qui se met à souffler. Mais peu importe, car mes yeux sont pleins d’étoiles. Les souvenirs de Valence, de la plage et de l’eau bercent mon sommeil saccadé, comme les navigateurs solitaires sur leur bateau élancé.

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Malheureusement, au bout de deux jours le temps est venu de rentrer. De reprendre une place dans l’ombre de la grande ville, et son vacarme permanent. Pas pour longtemps, car sous la pluie et entre les flaques, je pense déjà à ma prochaine escapade vers Barcelone, début décembre.

Je ne manquerai pas de vous le raconter, dans la prochaine carte postale.

Je vous laisse un peu de musique pour patienter, d’ici là, portez vous bien !

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About Antoine

Habitant à Madrid cette année, j'essaie de raconter des fragments de cette vie étrangère dans les "cartes postales venues d'ailleurs". En vous souhaitant une agréable visite dans ce monde de p'tits bonshommes, à bientôt !