[Défi] De l’Église à l’Aiguillon (2/2)

Retour sur le défi de Noël ! L’annonce et le projet sont à découvrir ici.

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Mardi 23 décembre : Journée de repérage.

Le matin, je découvre du givre dehors et une brume épaisse. Il fait 0°. Je me demande si le défi sera réalisable, si les pierres ne seront pas trop verglacées dans la combe. Je pars en fin de matinée installer les cadeaux et les indices de la Chasse de Noël. Je monte en vélo et traverse une brume qui gèle les mains. Arrivé dans la combe, j’entame le sentier et découvre de belles conditions. Le froid a gelé la terre, peu de boue, ça accroche super bien ! Je commence à cacher les petits cadeaux. En m’élevant dans la combe, je rencontre le soleil et un ciel bleu magnifique. En dessous, la ville est plongée dans la brume et ses épais nuages. Je réalise le chemin à pied, de façon calme et tranquille, pour être prêt le lendemain. C’est alors que je découvre l’Aiguillon dans une atmosphère divine.

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La brume s’étire autour de lui, se dissipe sous les rayons du soleil. Je termine de cacher les cadeaux et les indices, puis c’est le retour à la maison.

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Mercredi 24 décembre – Jour J

Ah ! Super ! Il y a beaucoup moins de brume dehors ! Après un petit déjeuner calculé avec précision, puis une série d’étirements, nous prenons avec mon frère Jérémy les vélos pour rejoindre l’Eglise et retrouver Fabrice. L’horizon laisse entrevoir les rayons du soleil, pendant que nous plongeons dans la combe. Le départ a finalement lieu à l’entrée du Chemin des Crêtes : il faudra atteindre l’Aiguillon puis réaliser le retour jusqu’à l’Eglise Saint-Aignan.

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Le temps est passé très vite, il est déjà bientôt 9h00, le départ approche. Fabrice et Jérémy montent en vélo par la route jusqu’au pied de l’Aiguillon, alors que je m’échauffe. Le froid rend l’excercice plus compliqué que prévu. Les cuisses sont raides et le corps engourdi par le froid. Après quelques accélérations et de légères montées, je me place sur la ligne de départ. Je n’ai pas d’autre ennemi que moi-même. La première portion comprend une montée raide, puis la crête laisse place à beaucoup de passages techniques mais bien roulants.

Je lance le chrono et c’est partit. Le début se passe très bien et très vite, j’adore les montées raides et je m’y sens à l’aise. En quelques minutes j’arrive au dessus de la combe, j’ai l’impression d’arriver dans un autre monde. Alors que j’étais dans l’ombre des arbres il y a un instant, me voilà à l’air pur, sur des rochers et en hauteur ! Le sensation est forte, c’est comme si mes pieds me permettaient de lire le monde. J’entame ensuite le sentier roulant, celui où je dois maintenir une relance dynamique. J’effectue des virages serrés, les pierres ne glissent pas, je récupère mon souffle dans les petites descentes. Ensuite vient une partie qui remonte pendant un long moment, je me concentre le plus possible. Je sais que c’est là que se joue le défi, je ne dois pas me laisser aller.

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Une douleur soutenue prend place vers l’une des côtes de ma cage thoracique. J’ai l’impression que le froid me transperçe et je regrette de ne pas avoir mis un vêtement plus chaud. Je reste concentré, j’essaie de ne pas prêter attention à cette douleur. Elle passera dans les zones de descente. Je commence à avoir vraiment mal mais j’allonge chaque foulée, avec l’impression que mon corps va se replier tout seul pour arrêter la douleur. Lorsque je finis cette montée, elle se calme et je plonge désormais dans les descentes techniques. Ici m’accueillent les plaisirs du Chemin des Crêtes. Il suffit de se laisser entraîner par le sentier, qui s’enchaîne entre courtes montées et courtes descentes. J’oublie la douleur et me concentre uniquement sur les prises de mes jambes, qui rebondissent sur les pierres. Les  montées sont un vrai bonheur, ce passage sur la crête est magique. Seuls mes bras me font mal, ils sont rouges vifs à cause du froid.

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Je maintiens la concentration et arrive bientôt à l’Aiguillon. J’entame la dernière montée où j’allonge les foulées, la respiration devient difficile et la cage thoracique peine de nouveau. Je m’accroche et arrive près de l’Aiguillon. J’aperçois les ombres de Fabrice et Jerémy, je dois rester concentré sur le sentier qui devient assez chaotique pour descendre jusqu’à l’Aiguillon. Une fois en bas, je touche la première pierre qui me paraît humide. Mais les autres me semblent secs, ça doit passer ! Je ne saurais décrire cette série de mouvements avec des mots. Je suis dans une telle concentration sur les prises, que je parviens à répèter les mêmes mouvements que lorsque je m’étais entraîné. Je me sens super bien. Je ne fait que passer sur un rocher qui lui demeure toujours au même endroit. Je reste concentré pour la descente, puis j’entame la dernière ligne droite jusqu’à l’Eglise. Je dois pour cela traverser une route pour rejoindre l’autre versant de la combe.

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Je me concentre le plus possible, car je sais que les descentes sont les moments où on s’endort le plus. Ce n’est pas parce que la course et l’escalade se sont bien déroulées, qu’il faut arrêter de lutter. Le plus dur reste à faire. La descente commence par une série de troncs d’arbres qui font obstacle. Je veille à bien placer mon pied à chaque fois pour éviter la gamelle.

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Puis vient la partie du plat, la plus dure. J’allonge les foulées et vais au bout de moi-même, en sentant bien le souffle qui ne demande qu’à s’arrêter. Je persévère pendant ces deux kilomètres de légère descente. Ce chemin monotone serait parfait pour celui qui s’entraîne en terrain d’athlétisme. Je cours rarement sur du plat et j’essaie de me débrouiller au mieux. À la sortie de la combe j’entame la route qui me mène ensuite à l’Eglise Saint-Aignan. Je devais retrouver Fabrice et Jérémy à ce croisement, qui devaient alors me suivre en vélo. Ils doivent déjà être à l’Eglise! Je donne tout et crache mes poumons sur la route. Je ne rencontre que deux voitures, tout se passe bien. J’accélère et  je regarde cette Eglise qui reste loin. Allez, c’est bientôt la fin ! Je regarde la montre, la première fois depuis le début de l’épreuve : 32min 27. Quoi ?? déjà ? Il faut vraiment que je me grouille ! Ca peut le faire ! J’accélère le plus possible et me retrouve bientôt à une vingtaine de mètres. Je sprint de toutes mes forces, j’ai envie de vomir à chaque foulée puis je touche enfin la porte de l’Eglise. J’arrête la montre, je bave et écoute mon cœur qui va à toute allure.  Je reprend lentement mon souffle, je suis explosé.

Jérémy et Fabrice ne sont pas là. Sont-ils au croisement ? Je les retrouve en effet là-bas, ils ont eu un peu de retard et sont arrivés après. Je remets des vêtements chauds puis nous repartons ensemble sur le Chemin des Crêtes. Cette fois, je pourrais admirer le paysage, et nous pouvons nous amuser au cours d’une chasse au trésor, un matin du 24 décembre.

Temps final : 35 min. 35 s. 49.

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Je tiens à remercier Fabrice et Jérémy pour leur aide et ce moment partagé. Vous avez assuré.

About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.