[Interview] Philippe Perrad

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Nous avons rencontré Philippe Perrad au salon de Sèvres. L’ébéniste est reconnu pour son travail remarquable sur des socles de haute qualité. Il partage avec nous son chemin parcouru. 

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Bonjour Philippe. De quelle région viens-tu ?

Philippe – Je viens des Deux-Sèvres, en Poitou-Charentes. C’est près de La Rochelle et de Niort.

Quel terme préfères-tu pour te définir : artisan, fabricant, artiste ? Tu es un peu les trois à la fois.

Philippe – Je me qualifierai plutôt d’artisan créateur. Pour bien mettre en valeur une pièce, il faut un œil artisique. Je dois bien étudier les découpes. Il m’arrive souvent de faire des erreurs, de recommencer les bases de mes socles. Notamment quand il y a des éclats.

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Pour quelles raisons fabriques-tu des socles aujourd’hui ?

Philippe – J’ai commencé fin 2008. Pour moi, ébeniste de métier, c’était hors de question d’aller acheter un socle. J’ai toujours été dans le bois et restaurateur de meubles anciens. J’ai tout d’abord présenté mes socles aux copains, puis sur le forum La Figurine, c’est partit comme ça ! J’étais loin de me douter que j’en arriverais là où j’en suis aujourd’hui.

Quel investissement de départ fut nécessaire pour se lancer ?

Philippe – J’avais déjà beaucoup de matos, et un stock de bois inimaginable ! J’ai investit par la suite.

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Comment choisis-tu les bois ? (Le tissu interne ? Sa noblesse (merisier – chêne – olivier…) ?)

Philippe  – Je m’intéresse à la structure internet du bois. La Nature nous réserve toujours la surprise. Il arrive qu’un bois paraisse très simple, alors qu’en le découpant, on découvre toute sa beauté. Dans le cas d’un olivier par exemple, aucun socle ne sera pareil. La nature donne tout ce qu’il te faut. Si tu sais bien en tirer profit, tu as déjà ton décor. À condition d’avoir la bonne découpe bien sûr.

Est-ce qu’un bois est plus difficile à travailler ?

Philippe – Il n’y a pas de bois que j’aime moins que les autres, mais le plus délicat reste le chêne. Il a tendance à s’éclater lors des moulures. La matière a tendance à partir trop vite.

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Combien de temps te faut-il pour fabriquer un socle, de la coupe de l’arbre à la vente ? 

Philippe  – En partant du tronc, il faut le délimer, puis le couper en sections, et ensuite le raboter. Ca peut déjà prendre entre 5 et 6 heures de travail ! Ca ne se fait pas tout seul. Avec les écorces, ça demande beaucoup plus de temps, car il faut rechercher la bonne découpe.

En général, quand je travail sur mesure pour un client, j’en fait une dizaine. Je lui soumets des photos pour qu’il choisisse celui qui lui plaît le plus. Il me reste toujours des socles en rab, que je peux proposer ensuite sur les expos.

Comment t’es venu l’idée de laisser la structure externe du tronc brute sur tes socles (l’écorce) ?

Philippe – J’ai souhaité dès le départ trouver ma patte pour me démarquer des autres. Je fut critiqué pour cela, certains ont qualifié mon travail de bois « tout troué ». On trouvait mes socles un peu byzarres.

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Quel est le travail le plus fou que tu ai réalisé pour une commande ?

Philippe – Je n’ai eu que de beaux socles à faire, que des bons souvenirs au final. Ceux qui m’ont le plus marqué sont celui réalisé pour Pascal, et celui en sabot de cheval.

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Est-ce que d’autres ébénistes t’inspirent ? 

Philippe  – Je ne m’inspire pas des autres socleurs, et ne copie personne. J’ai lancé les socles Mustang pour qu’ils soient uniques, il n’y a pas deux socles identiques !

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D’où viens le nom de Mustang ?

C’est un surnom que j’avais lorsque j’étais éclaireur scout, à l’âge de mes 13-15 ans. J’ai une très grande passion pour les chevaux, et j’en possède même un. J’ai également un petit poney, un fella bella, qui ressemble à un cheval indien.

Au fond, qu’est-ce que l’essence du bois pour toi ?

Philippe  – Pour moi, le bois est un regard, un toucher  et aussi une odeur. Je pense au moment où, en rentrant dans ma menuiserie, il règne encore l’odeur de l’olivier dans tout l’atelier… J’aime également toucher les socles en fermant les yeux, une fois qu’il sont finis.

Merci Philippe pour ce moment que tu nous as accordé !

Compléments :

Galerie des réalisations de Philippe :

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Le site Internet :

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Je remercie Olivier Charlet, admin du forum La Figurine, pour l’initiative et les questions de cet Interview.

About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.