[Critique Cinéma] Jurassic World

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Que vaut Jurassic World ? Le Monde Perdu et Jurassic Park 3 étaient déjà bien en dessous du premier film. Cette suite était-elle vraiment nécessaire ? Verdict sur le quatrième volet !

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Retour sur l’île 

20 ans. Voici le temps qui s’est écoulé entre la tragédie et la fondation de ce nouveau parc. Les premières scènes de Jurassic World nous accueillent dans une brume blanche et épaisse, une éclosion d’oeufs, puis le retour de cette brume. Le réalisateur ne traîne pas dans son introduction. La famille, la maison, puis le transport jusqu’au parc sont filmés rapidement. L’arrivée sur l’île s’accompagne de la célèbre musique de John Williams. Mais cette fois-ci, ce n’est ni un hélicoptère ni une île sauvage qui se dévoilent, mais un bâteau chargé de touristes et un parc vivant. Ce «Jurassic Park» qui n’avait jamais ouvert est enfin en place ! L’excitation de Gray, le jeune garçon, rappelle les plus beaux moments d’une enfance. La tension est là, il va enfin voir les dinosaures ! Si le film débute sous la menace avec la vision des œufs, l’émerveillement l’emporte et le spectateur oublie aussitôt le danger. Peluches de dinosaures, montées sur de jeunes Tricératops dans un petit enclos rempli de bébés Galliminus… Le parc est fonctionnel, tout marche !

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Une saga actualisée

Colin Trevorrow met en avant les thèmes qui lui tiennent à coeur. L’indifférence de touristes habitués au confort, devant les spectacles qui leur sont proposés, illustre la boulimie humaine. La société marchande consomme sans s’éveiller. Un regard nuancé sur le tourisme de masse opère dans le fond du film. Jurassic World n’est pas une suite idiote aux épisodes de la trilogie, elle s’adapte à son époque. La place des écrans, des vidéos, des tablettes et des téléphones, nous offre un miroir intelligent sur nos modes de vie. Le réalisateur affirmait dans un Interview que son but était de faire vivre aux jeunes générations l’émerveillement qui avait marqué les origines de la saga. Il a réussit son pari.

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Nous sommes pris dans l’enchaînement des évènements comme dans un manège. Les Raptors, l’Indominus Rex, les Ankylosaures, les Ptéranodons décorent le film. La sortie d’une attraction, le saut d’une cascade, un hélicoptère qui s’écrase…. augmentent crescendo la tension. Jurassic World rend également des hommages au premier film de Steven Spielberg. Les attentions du film sont remplies de tendresse.

Imperfections

Jurassic World aurait cependant mérité encore des heures de travail : des images de synthèse ne fonctionnent pas du tout (une scène d’hélicoptère au début, puis le requin donné au Mosasaure), les personnages secondaires aussi manquent d’incarnation. Des dinosaures comme les Baryonyx ou le Suchominus, pourtant annoncés sur le site officiel, ne font aucune apparition. Nous aurions aimé aller encore plus loin. Ces défauts sont palliés par des retournements et un humour digne des très bons films d’aventure. Contrairement aux Blockbusters modernes, Jurassic World n’est jamais lourd ou maladroit. Colin Trevorrow est un bon cinéaste : on prend le plaisir de tourner la tête vers le haut, la droite, la gauche, car des dinosaures ou des signes apparaissent régulièrement sur les côtés de l’écran. La curiosité est maintenue en éveil.

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L’une des plus grandes réussites sont encore les Raptors. La façon dont ils courent et communiquent rend ces animaux encore plus attachants. Mais reconnaissons qu’ils sont moins « rusés » que ceux des épisodes précédents. Sur ce plan, Jurassic World prend des raccourcis et passe à côté d’une profondeur.

Désirs assouvis 

Nous avons en renfort le droit à un gigantesque spectacle final, comme un cadeau tombé du ciel. Les leçons de cinéma données par Spielberg ont été apprises. On mange du dinosaure, on vit avec eux, ils nous emmènent dans un grand huit mémorable.

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Sans être révolutionnaire, Jurassic World s’est adapté à son temps et s’impose comme un cinéma perspicace. Il faudrait être bourru pour ne pas aimer les qualités de ce nouveau film. Le plus amusant, c’est que l’Histoire du Cinéma démontre que même si les suites de Jurassic Park n’égaleront jamais l’oeuvre d’origine, c’est un besoin qui perdure de renouveler cette aventure. Si une suite immédiate à Jurassic World serait malvenue, un nouveau Jurassic Park, mine de rien, ferait du bien dans 10 ans. Et aucun fan ne cracherait dans la soupe.


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About Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.